Soutien au Musée du sel de MARSAL

Biefs et écluses n° 18 à 26

Les écluses de la vallée du sel 


Tenant de Vitry-le-François avec ses 341 km de longueur actuelle, le canal de la Marne au Rhin compartimenté en 161 écluses relie la Marne jusqu’à Strasbourg. Construit à partir de 1838 par Charles-Étienne Collignon : Ingénieur Polytechnicien, il sera mis en service en 1853.

Le tronçon Nancy - Einville va jouer un rôle essentiel dans l’implantation des salines de Lorraine depuis 1855, en effet 14 salines et 3 soudières s’établiront sur ses bords employant ce mode de transport écologique pour leurs échanges commerciaux de chlorure de sodium ainsi que de matières premières comme le calcaire et le coke utilisés pour leur procédé. 




Le canal n’est pas horizontal sur tout son parcours, même si les ingénieurs conçoivent un tracé réduisant les dénivellations au minimum, il passe par des montées et des descentes. Une écluse permet aux bateaux de franchir la dénivellation entre deux biefs successifs.  
Comment cela fonctionne-t-il ?


L’écluse comprend un sas dans lequel on peut faire monter ou descendre le niveau de l’eau.
Le sas est isolé des parties aval et amont du canal ou de la rivière canalisée (biefs) par des portes souvent munies de vannes.

Ce dispositif est très économe en énergie : il abaisse ou élève la masse importante d’un navire grâce à la pression hydrostatique.
Le canal découpé en biefs d’environ 3 km est cloisonné par des écluses de gabarit Freycinet qui permettent de régulariser les pentes de cette voie d’eau artificielle. 
Depuis 1950, un pompage complète l’ouvrage depuis la Meurthe à Dombasle  pour remonter l'eau de bief en bief perdue lors des éclusées sur le tronçon.
A partir de 1925, le trafic intense entre Dombasle et Nancy imposa des écluses équipées de deux sas, cela permettait de gagner du temps pour un bateau montant pendant que l'autre descendait. 
Chaque écluse porte un n° distinctif attaché à celui du bief aval, écluse 23-23 bis pour Varangéville.
Éclusier

Dans un premier temps le maniement des portes d’écluses est manuel mais se mécanise petit à petit, l'éclusier responsable de plusieurs biefs  se déplace en vélo ou en mobylette sur le chemin de halage.  Aujourd’hui, l’éclusier effectue les manœuvres automatisées  grâce à un système vidéo : il visualise l’amont et l’aval du sas de l’écluse et communique avec le batelier par radio ouvrant les portes à l’approche du bateau. 

Port de Dombasle
Le trafic intense nécessita également  la construction de ports toujours plus grands à une époque où l'on croyait encore à la voie d'eau. En 1926, des travaux d’agrandissement  de la gare d’eau de Dombasle transformèrent le bief 22 en un port intérieur des plus importants de France mais la flotte Solvay, de plus de 120 bateaux, fut réduite à néant après l’essor du train et de la route dans les années 1980.

Il en va de même pour le bief 23 élargi à Varangéville et qui sera équipé d’une écluse à double sas. 



Inventé par Léonard de Vinci, l'écluse a rendu possible la navigation sur de nombreux fleuves et canaux. Les bateaux, grâce à des ouvrages souvent majestueux parcourent ainsi des centaines de kilomètres sans que les dénivellations ne viennent les gêner. 

Le gabarit Freycinet est une norme européenne régissant la dimension des écluses. A l'origine, le mouillage (profondeur d’eau) était de 1,60m et la longueur des écluses de 34,50m. Le programme Freycinet (loi du 5 août 1879) classe 5800 km de voies fluviales en 
 1ère catégorie, son mouillage est alors porté à 2,20 m et les écluses à 39 m de longueur permettant le transport de 350 tonnes de marchandises par bateau.

       Avant la timonerie
Le marinier s’annonce à l’avance  à la corne de brume pour obtenir rapidement l’entrée, l'éclusier fait monter le niveau de l'eau à l'intérieur de l'écluse afin que le niveau soit le même de part et d'autre de la porte.

L’éclusée ou sassage dure environ 20 mn, le temps d’écluser un verre car jusqu’en 1920 c’est le batelier  qui tire son chaland par l’intermédiaire d’une grosse lanière autour du torse appelée "bricole" jusqu'à 12 h par jour à une vitesse de l'ordre de 2 km à l'heure. A la fin du temps de remplissage ou vidange, le sas au niveau du bief amont ou aval selon le sens de circulation permet à l’éclusier d’ouvrir les portes et le marinier reprend sa navigation. Avec un important trafic l’éclusier comme le marinier ont une vie rude et fatiguante.


Maison d'éclusier
L’éclusier logé dans une petite maison éclusière doit être présent en permanence pour l’éclusage. L’endroit sert souvent de ravitaillement en tout genre, de réception ou d'envoi du courrier et de colis, de point de rencontre ou d’informations pour les bateliers de passage. Aux vacances scolaires les péniches de passage embarquent les enfants placés en internat à Dombasle qui vont retrouver leurs parents naviguants.
Dans les années 1980, la concurrence du rail ébranle rapidement la batellerie, incapable de lutter contre la ponctualité et la rapidité du chemin de fer d'une part, et la souplesse du transport routier d'autre part. 

Leur bateau détruit, les anciens mariniers mis en retraite anticipée achèteront  souvent par nostalgie des maisons en bordure du canal, les embellissant  d’ancres, d’hélices, de cornes de brume rappelant  leurs souvenirs lorsqu’ils naviguaient. 



Aux commandes d'une écluse en cliquant sur la photo.
(Pour les petits et les grands)
Tes/db/2017